Σάββατο, 26 Φεβρουαρίου 2011

Oι ταραχές του 2008 στην Αθήνα υπό το φως τoυ μύθου της "Αντιγόνης"

 Ο θάνατος του Αλέξη Γρηγορόπουλου και τα γεγονότα που ακολούθησαν προκάλεσαν το ενδιαφέρον των σκηνοθετών της θεατρικής ομάδας Μοtus   Enrico Casagrande και  Daniela Nicolo. Μετά από σχετική έρευνα στην Αθήνα,  γράφουν ένα θεατρικό έργο με τίτλο : "Alexis, μια ελληνική τραγωδία", που αυτές τις μέρες παίζεται στη γαλλική πρωτεύουσα.


Athènes, 6 décembre 2008. Un jeune homme de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, est tué par balles par un agent de police. Dans un contexte social et politique déjà tendu, cette mort déclenche une vague d'émeutes sans précédent dans le pays depuis la chute de la dictature, en 1974. La police prétend qu'Alexandros, avec une trentaine d'autres jeunes, a lancé des pierres et un cocktail Molotov sur une voiture de police. Une vidéo amateur vient contredire cette version, accréditant la thèse d'une altercation verbale entre deux jeunes et la police. Athènes s'embrase. Alexandros devient l'icône d'une jeunesse révoltée par la corruption et l'impuissance des politiques.


Voilà le point de départ de ce spectacle dont l'originalité et la réussite tiennent dans le cocktail explosif entre théâtre documentaire et dimension mythique : c'est en effet au regard d'Antigone, figure par excellence de la révolte adolescente face à l'arbitraire du pouvoir, que sont placés les événements d'Athènes.

Un an après le drame, Enrico Casagrande et Daniela Nicolo, les animateurs et metteurs en scène de la compagnie Motus, se rendent dans la capitale grecque. L'insurrection de décembre 2008 a été recouverte par une couche opaque d'amnésie. Ils mènent une enquête, retrouvant des témoins, traquant et filmant sur la peau de la ville les traces des événements : pendant la révolte, les murs d'Athènes s'étaient couverts de graffitis et de dazibaos politiques, remplaçant des journaux auxquels les manifestants ne croyaient plus.

De tout cela, Motus fait un spectacle qui recrée remarquablement l'atmosphère d'urgence, de tension, de ces journées d'Athènes, mais qui ne s'en tient pas là : Enrico Casagrande et Daniela Nicolo font du théâtre, pas une enquête journalistique. Et ce théâtre compose une partition aussi poétique que politique, en procédant par choc d'éléments hétérogènes.

Le jeu physique, intense, des acteurs-performeurs - notamment l'incroyable Silvia Calderoni - dialogue avec les images qui, ici, sont magnifiquement utilisées. Ces images ne sont pas seulement celles des émeutes ou des témoins, mais celles d'une campagne grecque immémoriale, que Casagrande et Nicolo filment en partant sur les traces de l'héroïne de Sophocle : "A Thèbes, il n'y a rien, mais il y a une rue Antigone", font-ils remarquer dans ce spectacle qui dessine aussi une réflexion sur la mémoire, l'empreinte de ce qui, en apparence, est effacé.

Ces images sont projetées depuis un appareil installé sur une table roulante, ce qui permet de les faire bouger dans un espace superbement maîtrisé, de varier les cadres, les angles, etc. Et puis, dans ce théâtre hybride, brûlant, les metteurs en scène décident tout à coup de calmer le jeu.

Retour au théâtre pur et simple avec la grande scène d'affrontement entre Antigone et Créon, que l'on a rarement vue aussi bien jouée : elle éclate avec d'autant plus d'acuité et d'actualité que Motus a choisi l'Antigone très politique de Bertolt Brecht, écrite (en 1947) par le dramaturge allemand pour montrer "la signification du recours à la force quand l'Etat tombe en décadence".

Là est le coeur de la réflexion de ces artistes italiens, effarés par l'état de déliquescence de leur propre pays. Ce que nous disent Enrico Casagrande et Daniela Nicolo, c'est qu'il va peut-être falloir compter, à l'heure où ce sont les jeunes des pays arabes qui se soulèvent, avec les Antigone et les Polynice d'aujourd'hui.

Πηγή:Le monde

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